Existe-t-il un vin sans sulfites ?

Vin rouge sans sulfites ajoutés Buzet
SANS est un vin sans sulfites ajoutés de la coopérative Les Vignerons de Buzet – ©Les Vignerons de Buzet

Les vins dits « sans sulfites » sont aujourd’hui plébiscités par les consommateurs. Mais existe-t-il vraiment un vin sans sulfites et en quoi est-il différent des autres vins ?

Dire qu’un vin est « sans sulfites » est un raccourci de langage. En réalité, un vin peut être sans sulfites ajoutés, mais pas sans sulfites. La nuance ? Le vin va naturellement produire des sulfites au cours du processus de vinification, en faibles quantités. La présence à petite dose de sulfites dans le vin est donc naturelle.

En revanche, un vin sans sulfites ajoutés contient uniquement les sulfites qui se sont naturellement créés au cours du processus de vinification. La main de l’Homme accompagne la vinification des vins sans sulfites ajoutés, plus qu’elle n’intervient.

Les sulfites pour protéger le vin

L’usage des sulfites dans le vin est pourtant ancien. C’est le scientifique Louis Pasteur qui, au 19e siècle, démontra les propriétés antiseptiques et anti-oxydantes de l’anhydride sulfureux (SO2, qui appartient à la famille des sulfites). Il trouvait ainsi une solution à une problématique économique : faciliter l’exportation des vins français hors du territoire national. Transporter les vins sur de longues distances était alors difficile car compte tenu des temps de trajet, les vins étaient trop instables (en clair, mal protégés de l’oxydation, ils tournaient vite en vinaigre).

Depuis les travaux de Louis Pasteur, l’ajout de sulfites dans le vin s’est systématisé, afin d’offrir à la dégustation des vins stables dans le temps. L’œnologue peut s’en servir à trois moments clés de l’élaboration d’un vin : lors de la réception de la vendange au chai (sur les raisins), lors de la vinification et lors de la mise en bouteille.

Usage réglementé

L’usage de ces sulfites est réglementé au niveau européen. Dans un vin rouge tranquille la dose maximale de sulfites autorisée par la réglementation européenne est de 150 mgl/l. Dans un vin blanc ou rosé tranquille, cette dose maximale (toujours selon la réglementation européenne) est de 200 mgl/l. Au-delà de 10 mg/l, l’étiquetage « contient des sulfites » est obligatoire.

Des travaux plus récents ont cependant conduit à classer les sulfites parmi les allergènes. Cet additif peut provoquer chez certaines personnes des maux de tête (indépendamment de la quantité de vin ingurgitée 😊 !)

Le vin sans sulfites ajoutés : un savoir-faire de l’oenologue

A la lumière de ces données plus récentes, certains œnologues avant-gardistes se sont employés à maîtriser des processus de vinification sobres en sulfites, voire à s’en passer complètement en élaborant des vins sans aucun sulfites ajoutés. Les vins sans sulfites ajoutés sont plus naturels et plus délicats que les vins traditionnels. L’élaboration d’un vin sans sulfites ajoutés demande un réel savoir-faire de l’oenologue pour proposer au consommateur des vins plus sains et tout aussi agréables en bouche, avec une durée de conservation satisfaisante.

Un vin sans sulfites ajoutés reste cependant plus exposé à l’oxydation que les vins traditionnels. Mieux vaut donc le déguster dans les deux ans qui suivent sont achat.